Jean Capdeville 

Jean Capdeville né le 13 septembre 1917 dans un petit village des Pyrénées orientales. Puis, alors qu’il n’a que deux ans, ses parents s’installent à Céret. Si Paris, comme pour tout les peintres de l’avant garde abstraite, est une étape obligatoire à sa carrière, Céret reste le lieu de son ancrage, et l’on ne peut comprendre sa peinture sans comprendre cet attachement viscéral à cette terre originelle. Capdeville est a l’opposé du stéréotype que l’on se fait des peintres de l’après guerre. Hommes de la capitale, des cercles intellectuels, nourris au béton de la reconstruction, tétant le sein des 30 glorieuses, des idéaux politiques nouveaux et d’une abstraction généralisée. Il est décrit comme frustre, un homme de la terre, de sa terre, dont la peinture évolue sans être guidée par la théorisation ou la quête des cycles, mais par l’observation lente et patiente de ceux de la vie. Son œuvre suit les saisons de son existence, elle est la contemplation du temps qui passe, du temps qu’il observe, avec la patience et le bon sens des gens du cru. Capdeville travaille sa peinture comme un paysan travaille sa terre. Ce n’est pas réducteur, bien au contraire, car le vrai prodige artistique se situe dans cet ostracisme, dans cette mystique détachée. Le vrai don n’est motivé par aucune quête et ne réclame aucun autre enseignement que le travail. Il débute d’ailleurs la peinture sur le tard à 30 ans révolus et comme le souligne ses biographies « sur le motif et par désœuvrement ». Nous sommes en 1947 et l’année suivante il présente sa première exposition personnelle, à l’hôtel de ville de Céret. Victor Castre, écrivain et critique local, fait circuler son œuvre et lui donne cette poussée qui permettra sa lente ascension. À la série des burlesques s’ajoutent les graffitis, l’abstraction s’encre lentement dans son œuvre, sans quitter pour autant ce pragmatisme qui la maintiens dans le réel. En 1965 à lieu l’exposition « Cinq peintres et un sculpteur » à la Galerie Maeght avec Gérard Fromanger, Arias, Claude Garache, Matieu et Joan Gardy-Artigas. C’est l’epoque des Rivières, débutées au début des années 60. Puis l’époque des signes, des chiffres, des griffures, qui viennent s’accumuler, s’entrechoquer dans un alphabet gestuel qui n’est pas sans rappeler Hartung, Tapiès ou les séries de 1968 de Twombly.

Le tournant des années 80 est marqué par « les Noirs » sur des toiles parfois entièrement recouvertes du sombre pigment, ou le jeu des lumières, des mats, des brillants, l’utilisation de bombe aerosol,de la matière parfois ponctué de rehaut de vert , devenu presque une signature.

 

Jacques Dupin, grand critique d’art et rédacteur du Catalogue de l’œuvre de Joan Miro  disait «  il y a trois Catalans , Miro , Tapies …et Capdeville »

A la redécouverte de l’œuvre je lui donne raison..

Benjamin Sebban

 

 

 

Exposition du 09/09/2021- 02/10/2021

2 rue saint Georges - 1050 Bruxelles

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Jean Capdeville , Composition 1984-08 Acrylique sur toile 195x130 cm